Le drone comme premier intervenant : l'avenir des pompiers?

Si les drones sont déjà largement utilisés par les pompiers en France, leur intervention se fait dans un second temps de l'alerte et exclusivement sous contrôle (pilotage) humain. 

Le concept de DFR (Drone as First Responder) ou Drone comme Premier Intervenant est un concept, déjà fonctionnel, qui vise à déclencher un drone (qui peut être totalement autonome) pour qu'il se rende dans un laps de temps extrêmement court (moins de 100 secondes) sur le lieu de l'intervention. 

Que ce soit pour un incendie, un Accident de la Voie Publique ou du secours à la personne, les intérêts d'un tel dispositif sont évidents : 

- Confirmer la localisation du sinistre et valider les moyens engagés

- Pouvoir communiquer aux équipes de secours en chemin un visuel en direct sur la situation

- Réaliser une signalisation basique du sinistre pour prévenir un suraccident

- Déposer un défibrillateur ou une "bombe d'extinction"

Que ce soient des systèmes clefs en main ou des dispositifs configurables, plusieurs sociétés proposent déjà ces services. 

Faut-il pour autant sauter le pas aussi vite que possible ? 

Plusieurs points de méfiance : 

- L'encombrement croissant de l'espace aérien avec la multiplication des services liés aux drones (nécessité d'un TCAS adapté?)

- Le rapport coût / bénéfices

- Les attroupements possibles liés à la présence du drone

- Les problématiques liées à la confidentialité de l'intervention, du respect de la vie privée et des ingérences étatiques. Filmer sur la voie publique nécessite en effet un contrôle total du flux de données alors que ces mêmes données pourraient fuiter vers un agent extérieur. 

Pour un petit centre d'incendie et de secours comme le mien, à la campagne, où les temps d'arrivée sur les lieux sont plus important qu'en ville et le territoire couvert vaste et piégeur (lieux dits, routes non identifiées, etc.) n'importe quel collègue pompier pourra vous citer plusieurs interventions où ce système aurait été bienvenu. 

Aurait-il facilité les opérations de secours ? Oui.

Aurait-il sauvé une vie? Pas sur. 

Je ne doute pas qu'une fois que les verrous administratifs et économiques auront sauté, le système sera rapidement testé chez nous. Et c'est le terrain qui validera ce concept, ou non, afin qu'il soit intégré à la doctrine des services de secours français.

S'il ne sera peut être pas généralisé à tout le territoire ou toutes les missions, je pense que nous l'intégrerons dans les années à venir.

D'après cet article, il semblerait qu'aux USA, le système soit plutôt efficace : 

https://www.eff.org/deeplinks/2026/07/hundreds-drone-first-responder-programs-could-soon-be-launched-across-country